Les catégories sont établies en fonction
du handicap fonctionnel pour l’aviron.
4+LTA: quatre barré mixte, pour hommes
et femmes capables d’utiliser jambes,
tronc et bras. 2x TA: deux de couple
mixte, pour hommes et femmes capables
d’utiliser tronc et bras, mais sans mobilité
des jambes. 1xA: skiff pour athlètes
capables d’utiliser les bras seulement,
sans mobilité du tronc et des jambes.
José Nunes, Président de la Commission
de l’aviron adapté de la FISA, et les
membres de cette commission,
contribuent très activement à la promotion
de l’aviron adapté dans le monde.
Récemment, José a répondu aux
questions suivantes concernant le
processus de qualification paralympique.
FISA: Pourquoi est-il important à vos
yeux que l’aviron devienne un sport
paralympique?
José Nunes: Un sport moderne doit
être présent dans toutes les plus grandes
manifestations internationales. L’aviron
ne fait pas exception à la règle.
FISA: L’inscription de l’aviron au
programme des Jeux Paralympiques de
Beijing en 2008 suppose la participation
des équipages de 24 Fédérations
nationales aux Championnats du monde
de 2004. Est-ce une hypothèse réaliste?
José: Oui. Au total, 12 pays ont participé
aux Championnats du monde, avec
7 équipages en 2002 et 11 équipages en
2003, et 36 Fédérations nationales ont
signé en 2002 le “Protocole FISA de
Séville sur l’aviron adapté”, s’engageant
à inscrire des équipages en aviron adapté
aux Championnats du monde d’ici à
2004. Depuis, 6 autres pays ont signé
le document, et quiconque s’est engagé
devrait pouvoir aligner des équipages.
Winners of the 1xA event at 2003 World Rowing Championships /
Vainqueurs de l’épreuve 1xA aux Championnats du Monde
d’Aviron 2003
FISA: Qu’en est-il de la sécurité?
José: L’équipement type d’aviron adapté
répond naturellement aux normes de
sécurité de la FISA.
Acquérir le statut de sport paralympique
renforce l’universalité. Et la promotion
du sport dans les pays en développement
est un autre objectif. De fait, l’IPC et le
CIO se complètent du point de vue
démographique. Il existe une très forte
structure paralympique dans les pays
suivants: Chine, République de Corée,
Iran, Egypte, Tunisie, Nigeria, Angola,
Mexique et Brésil. Certains pays en
développement ont une structure
paralympique plus forte que la structure
olympique. On voit bien la nécessité
d’une approche paralympique/olympique
combinée pour développer entièrement
le potentiel de l’aviron.
FISA: Quels sont les défis majeurs dans
le développement de l’aviron adapté?
José: Tout est une affaire d’image
perçue, et l’aviron pour handicapés doit
être perçu comme de l’aviron adapté,
tout simplement. Or l’aviron, c’est un
plan d’eau et des bateaux, rien d’autre!
FISA: Où en est l’aviron adapté
sur ergomètre?
José: Il s’agit d’une composante majeure
de l’aviron adapté, car certains athlètes
sont incapables de ramer sur l’eau pour
différentes raisons temporaires ou
permanentes. Ces personnes considèrent
l’aviron sur ergomètre comme l’aviron,
purement et simplement!
FISA: Comment peut-on entrer dans
la discipline?
José: Si vous pratiquez l’aviron et
si vous connaissez une personne
handicapée, invitez-la à votre club, école
ou gymnase, pour qu’elle pratique votre
sport. Vous pouvez ainsi créer une forme
d’habilitation pour la personne!
FISA: On dénombre 28 sports
olympiques d’été – combien y a-t-il de
sports paralympiques d’été?
José: On recense 20 sports
paralympiques d’été, et leur nombre est
plafonné à 22. L’aviron peut donc
devenir le 21e.
FISA: Pouvez-vous donner une brève
description des catégories de bateaux
paralympiques?
José: Chaque catégorie combine les
sexes et les types de handicap, ouvrant la
porte à tous les niveaux de handicap et
faisant de l’aviron paralympique une
entreprise d’égalité entre les sexes.
FISA: Comment renforcer cette perception?
José: La FISA a conçu un modèle de
bateau type pour handicapés, en
collaboration avec le consultant en
construction de bateaux Klaus Filter, et
avec le partenariat du constructeur établi
en Chine Flying Eagle. Un modèle FISA
type de siège fixe, conçu par
Larry Lonegan, est également
disponible. Sans avoir à payer de
royalties, les Fédérations nationales
devraient pouvoir fournir aux clubs, et
sur les sites de compétition, un certain
nombre de bateaux compétitifs
d’utilisation facile, pour un faible coût.
Les athlètes n’auront donc pas à se
déplacer avec leur matériel, qui sera
fourni clés en main.
Si vous êtes cette personne, demandez à
un proche de vous conduire à un centre
ou un club d’aviron: un entraîneur et
d’autres rameurs ou rameuses vous y
accueilleront. L’entraîneur vous
proposera l’ergomètre, le bassin, ou le
vrai plan d’eau lorsque l’eau est calme et
qu’il ne fait pas trop froid. Ensuite, vous
évaluerez l’impact de votre handicap sur
l’entraîneur, vos proches et vos amis.
Il ne restera plus qu’à concevoir des
aides techniques de base et peu
onéreuses. Voilà, vous pourrez alors
entamer l’apprentissage de l’aviron.
La FISA montre l’exemple en proposant
un conteneur itinérant réservé au matériel
d’aviron adapté, qui permet d’expédier
d’un site à l’autre six bateaux 4+LTA, six
bateaux 2x TA et 6 bateaux de skiff.