Brazilians Bitencourt and Da Cunha race at the 2004 BearingPoint Rowing World Cup in Lucerne. / Les Brésiliens
Bitencourt & Da Cunha lors de la Coupe du monde d'aviron BearingPoint 2004 à Lucerne.
De l’Argentine et ses clubs
sportifs privés exclusifs à Cuba
et son système étatisé, l’aviron
sud-américain s’est développé
par des voies aussi diverses que
les gens eux-mêmes.
L’un d’entre eux, le regretté Alberto
Demiddi, est considéré à la quasi una-nimité comme le plus grand rameur de
toute l’Amérique du Sud. Ce spécialiste
du skiff est le seul Sud-américain qui ait
gagné des médailles aux Jeux Olympiques
(bronze en 1968 et argent en 1972) et
remporté les Championnats du monde
d’aviron (en 1970).
© Gary Prior / Getty Images
Le championnat d’aviron sud-américain
est la principale manifestation du continent avec les Jeux panaméricains tous
les quatre ans, sommet international de la
région, qui a vu une augmentation notable
du nombre des pays participants. L’an
dernier, huit pays d’Amérique du Sud
étaient présents à Athènes, soit trois de
plus qu’en 2000, avec l’arrivée de
l’Uruguay, du Paraguay et du Pérou.
L’Amérique du Sud continue de rencontrer
de nombreuses difficultés dans le développement de l’aviron. Dans un continent où
le football règne en maître, l’intérêt pour
l’aviron demeure marginal.
Selon le passionné d’aviron chilien, Juan
Pablo Berlinger, les dépenses exigées par
ce sport sont l’un des principaux obstacles
à son développement. «C’est très difficile,
car l’équipement est cher et doit être
importé», explique-t-il, ce qui, à son avis,
limite l’accessibilité de l’aviron.
Depuis l’arrivée de ce sport sur le
continent avec les immigrants européens,
un modeste contingent d’ardents adeptes
a maintenu l’aviron vivant et actif,
profitant de tous les plans d’eau que ce
soit les lacs, la mer ou les rivières.
Selon Santiago Fuentes, arbitre international
FISA, l’aviron, notamment au Mexique,
était à l’origine une marque de la haute
société: «on faisait partie d’un club plus
pour le statut social que pour le sport lui-même», souligne-t-il. «Ces clubs étaient
en effet réservés à l’élite sociale. »
Certains de ces premiers clubs existent
toujours comme le Flamengo à Rio de
Janeiro, Brésil, le Club Nautico de la
Havane à Cuba, ou au Pérou, le Club de
Regatas de Lima. Beaucoup d’entre eux
sont des clubs multisports offrant tout,
du tennis de table au football en passant
par les piscines.
A présent, l’Argentine peut se targuer du
plus grand nombre de rameurs. La région
de Tigre, d’où sont originaires presque
tous les rameurs de ce pays, a une longue
histoire d’aviron. Elle a obtenu les
meilleurs résultats dans les cent dernières
années en produisant la plupart des
rameurs passés au niveau international.
Le second des plus grands rameurs sud-américains talonne Demiddi. Ricardo
Ibarra, argentin lui aussi, est parvenu en
finale aux Jeux de 1976 et de 1984.
Ibarra a depuis laissé sa marque comme
l’un des meilleurs entraîneurs de sa
région et continue à travailler comme
directeur du développement de la FISA
pour l’Amérique du Sud, diffusant son
enseignement sur tout le continent.
Le succès des Argentins en skiff s’est
poursuivi jusqu’à maintenant avec
Santiago Fernandez, le rameur le mieux
classé en Amérique du Sud, après avoir
été olympien à deux reprises. Fernandez
à Athènes a terminé quatrième dans la
finale du skiff, ce qui fait de lui le rameur
sud-américain le mieux placé des Jeux
de 2004.
L’Argentine a également produit des
rameuses sud-américaines de tête. Maria
Julia Garisoain était à Atlanta et à Sydney
dans le deux de couple mais elle a rencontré
ses meilleurs succès dans le skiff poids
léger aux Championnats du monde, où elle
a remporté le bronze en 1998 et 1999.
Plus récemment, le Chili est entré sur la
scène internationale. Christian Yantani
Garces et Miguel Cerda Silva ont obtenu
une première place en 2002 avec le
meilleur temps mondial du deux de
pointe messieurs poids léger, remportant
l’or aux Championnats du monde
d’aviron à Séville. Leur record tient
toujours aujourd’hui.
Berlinger note également que la pollution
de l’eau pose un problème grandissant
qui affecte nombre de lacs et rivières du
continent, ce qui est devenu évident avec
le lac d’aviron de Sao Paulo si contaminé
récemment que tout aviron a dû cesser.
Fuentes reste néanmoins positif, sachant
toute l’importance du potentiel de l’aviron,
compte tenu de ses atouts: «lacs et
rivières sont parfois en plein centre-ville»
dit-il soulignant également les avantages
climatiques: «la neige n’est pas un souci. »
© Gary Prior / Getty Images
Cuban rowers Hechevarria and Arruez at the 2004 BearingPoint
Rowing World Cup in Lucerne. / Les rameurs cubains Hechevarria
et Arruez à la Coupe du monde d'aviron BearingPoint 2004 à
Lucerne.
«on faisait partie d’un club
plus pour le statut social