Durant la saison d’aviron
mondial 2006, huit nouveaux
meilleurs temps ont été établis
au niveau senior, souvent avec
une différence de moins d’une
seconde par rapport au
meilleur temps antérieur. Aux
Championnats du monde
d’aviron à Eton, deux
équipages d’une demi-finale
du quatre de pointe masculin
ont dû se départager en
s’affrontant une nouvelle fois
après avoir terminé ex aequo :
les rameurs de la Nouvelle
Zélande et ceux des Etats-Unis
avaient en effet réalisé un
temps identique de 5 : 51. 24,
ce qui est extrêmement rare
lors de compétitions d’aviron
d’élite.
En l’absence d’un système de
chronométrage fiable, notre
sport ne pourrait revendiquer
l’établissement de nouveaux
meilleurs temps mondiaux, et le
résultat de la demi-finale du quatre
de pointe masculin serait encore
inconnu à ce jour. La précision
du système de chronométrage
de l’aviron peut atteindre 1/250e
de seconde lorsqu’il s’agit de
déterminer le temps final d’une
course. Grâce à la combinaison
de matériel à la pointe de la
technologie et de professionnels
très compétents, les détenteurs des
meilleurs temps, les champions
du monde, et les équipages qui
terminent ex-aequo peuvent donc
être assurés de la fiabilité de leurs
résultats.
Dans un article de son numéro
du printemps 2006, le World
Rowing Magazine s’est intéressé
à la mise en oeuvre du système
de chronométrage. Inscription,
désignation des têtes de série, tirage
au sort : chaque étape antérieure
à la course est essentielle à
l’établissement de résultats fiables
lors de compétitions d’aviron
mondial. Depuis la publication de
cet article, le fournisseur officiel
de la FISA en matière de service
de chronométrage,WIGE DATA
GmbH, a été acheté par Swiss
Timing Ltd. et s’appelle désormais
ST SportService GmbH.
Une fois le système de
chronométrage mis en place,
comment fonctionne-t-il durant la
compétition
Départ
Conformément aux règles de la
FISA, tous les équipages doivent
se trouver au ponton de départ
qui leur a été attribué deux
minutes avant le départ officiel
de l’épreuve. Ce délai laisse aux
athlètes suffisamment de temps
pour se concentrer sur la course
et permet aux officiels de vérifier
que tout est prêt techniquement
pour le départ.
Deux officiels sont alors des
acteurs fondamentaux : l’aligneur,
qui se trouve dans une cabine qui
lui est destinée sur la berge (photo
1), et le starter, qui se tient dans la
tour de départ, face aux équipages.
Une caméra vidéo fixée à la cabine
de l’aligneur transmet sur le
moniteur de ce dernier une image
précise de la ligne de départ (une
ligne sur l’écran indique la ligne
de départ); l’aligneur confirme
que tous les bateaux sont alignés
en activant une lumière blanche
(photo 2). Ce signal indique
au starter que le départ peut
être annoncé (le système de
chronométrage ne permet pas
à la course de commencer tant
que la lumière blanche n’est pas
allumée). Le starter (photo 3)
crie « attention » tout en pressant
sur un bouton qui fait passer les
feux de signalisation (placés en
face de chaque couloir) de la
position neutre à la position rouge
(photo 4). Il fait alors une pause
nette puis appuie sur le bouton de
départ, ce qui fait passer le feu du
rouge au vert, déclenche un signal
acoustique transmis par les haut-parleurs, immobilise et enregistre
l’image de départ sur le moniteur
de l’aligneur et enclenche le
système de chronométrage de la
course.
Points de chronométrage
intermédiaires
Tous les 500 m sur les 2000m
de la course, des temps intermédiaires relèvent la progression
des équipages. Il convient de
souligner que si ces temps
sont proches de la réalité, ils
sont actuellement enregistrés
manuellement. Bien que la FISA
cherche activement des solutions
techniques pour enregistrer les
temps intermédiaires de façon
automatique, aucun système
fiable n’a encore été trouvé.
L’établissement de chaque temps
intermédiaire implique quatre
volontaires et un arbitre. Dans
chaque cabine intermédiaire, le
premier volontaire observe un fil
aligné avec un point de référence
situé sur la partie opposée du
parcours : il crie « hep » et presse
sur un bouton (photo 5) dès
qu’une boule d’étrave franchit le
fil. Le deuxième volontaire inscrit
le numéro d’étrave pendant que le
troisième volontaire lit ce dernier
à voix haute. Le quatrième
volontaire, qui se trouve dans
la tour d’arrivée, presse sur un
bouton au moment où le premier
volontairecrie« hep ». Par la suite,
les numéros lui sont communiqués
par les autres volontaires. Les
temps intermédiaires sont
immédiatement transférés vers
les graphiques affichés à la
télévision, au grand écran, et à
la vidéotransmission en direct.
Un arbitre national s’assure
que les temps sont enregistrés
correctement, écrit l’ordre
d’arrivée et débat de tout problème
éventuel avec les arbitres présents
dans la tour d’arrivée (photo 6).
Ligne d’arrivée
Les temps finaux sont établis
exclusivement par photo d’arrivée
et sont toujours précis à 100 %.
Deux caméras d’arrivée – l’une
employée en tant que caméra de
chronométrage officiel et l’autre
en tant que caméra de secours
– prennent 250 photographies par
seconde depuis le haut de la tour
d’arrivée (photo 7). A l’intérieur
de cette tour, un technicien
de ST SportService manie le
moniteur de photo d’arrivée sous
la surveillance d’un arbitre qui
s’assure que la ligne d’arrivée soit
placée sur la photo avec précision.
La photo d’arrivée est ensuite
vérifiée et validée par un membre
du jury international.
Tous les résultats sont vérifiés
et signés par un membre d’un
jury international avant d’être
communiqués au public.
Plusieurs dizaines de professionnels du chronométrage,
d’arbitres, de membres du jury
et de volontaires unissent leurs
efforts lors des compétitions
d’aviron mondial pour garantir
la fiabilité des résultats obtenus,
préservant ainsi le standard
élevé des compétitions d’aviron
mondial.
D.F. ■