Clive Mbatha (r), Karabo Mothulwe (c) and
Kennedy Manyike (l) training on Roodeplaat
Dam. / Clive Mbatha (d), Karabo Mothulwe
(c) et Kennedy Manyike (g) s’entraînant à
Roodeplaat Dam.
pour le continent africain
Prenez la direction du nord depuis Pretoria, la capitale de l’Afrique du Sud,. Empruntez la route pour
Roodeplaat Dam. Arrêtez-vous à la RowSAcademy, une institution âgée de deux ans. Vous
découvrez alors un nouveau développement dans l’univers de l’aviron, un centre relooké et très
performant doté de logements, d’écoles, et équipé de plans d’eau. C’est là que l’Afrique du Sud
ouvre la voie au développement de l’aviron en Afrique.
L’Afrique du Sud est devenue,
pour l’Afrique anglophone, un
véritable bateau de tête : elle est
le pays africain le plus accompli
en matière d’aviron.
L’Afrique du Sud compte plus de
3200 rameurs enregistrés, dont
la majorité provient d’écoles
secondaires. En outre, c’est
dans ce pays que des adeptes de
l’aviron ont fondé le club sportif
organisé le plus ancien, datant
de 1861. Enfin, l’Afrique du Sud
est le seul pays africain à avoir
obtenu une médaille olympique
en aviron (Don Cech et Ramon Di
Clemente, en 2004).
nationaux ou internationaux et
préparations aux Jeux panafricains,
aux qualifications et aux Jeux
olympiques verront le jour»,
déclare Sheila Stephens-Desbans,
responsable du développement à
la FISA.
Le camp comprenait deux
entraînements sur l’eau par jour
ainsi que des tests physiologiques,
des entraînements en salle et des
exercices sur ergomètre, séparées
par une partie théorique.
continuer à travailler ainsi, afin
que cette initiative n’en reste
pas là… La continuité est notre
plus grand problème », explique
Roger Barrow. L’entraîneur
mentionne d’autres difficultés:
«Si nous avons des athlètes,
nous n’avons pas les ressources
nécessaires pour leur faire suivre
le programme localement. J’ai
peur qu’ils ne perdent leurs acquis
entre nos rencontres ».
ou relativement nouveau»,
explique Colleen Orsmond avant
de souligner le potentiel de
l’Afrique : « Je pense que l’aviron
peut se développer. Cependant, je
pense qu’il convient d’adapter ce
sport au contexte africain afin de
le développer au mieux. Certains
Africains ne savent même pas en
quoi consiste l’aviron. »
«L’Afrique du Sudfigure au
premier plan en termes de
ressources et de performances »,
déclare Roger Barrow, entraîneur
et responsable de l’organisation à
la RowSAcademy.
Tony Paladin, spécialiste en
biocinétique mieux connu comme
chef de nage du quatre de pointe
poids léger sud africain, s’est
chargé des tests physiologiques : il
a analysé les participants au moyen
de mesures anthropométriques et
de tests de la capacité aérobique.
En leur attribuant un score de 1 à
10, Tony Paladin a pu évaluer leur
potentiel de rameur.
« Je pense que le développement
de l’aviron sera relativement
lent, en raison du manque de
ressources. Toutefois, j’estime que
le potentiel existe bel et bien »,
poursuit Colleen Orsmond.
«Pour que l’aviron devienne
une discipline autonome, je
crois qu’il est important que son
développement se fasse à la fois
au niveau de la base et au niveau
de l’élite. »
Vingt-deux pays africains sont
membres de la FISA (y compris
la Zambie, la Somalie et la Lybie,
membres admis à la suite du
congrès de cette année). L’Afrique
du Sud, l’Egypte, le Kenya,
l’Algérie et le Zimbabwe ont des
athlètes de niveau international.
Les résultats des tests ont
impressionné Colleen Orsmond,
consultante en développement
pour l’Afrique anglophone: «
Tous les participants ont obtenu
de bons résultats si l’on considère
que certains d’entre eux n’étaient
montés dans un bateau pour la
première fois que deux semaines
auparavant. »
De même, Roger Barrow
évoque des difficultés d’ordre
culturel propres à l’Afrique.
« Donner confiance en l’eau est
un processus très lent. Pour des
raisons culturelles, de nombreuses
personnes, en particulier les
femmes, ont peur des rivières.
Pour elles, mettre la tête sous
l’eau n’est pas une mince affaire.
De même, nombreuses sont les
personnes qui considèrent l’eau
comme une ressource à boire,
et non comme une chose avec
laquelle on peut jouer. L’Afrique
du Sud doit souvent faire face à
ces obstacles. »
«Pour une majorité de pays,
l’aviron en tant que discipline
olympique est un sport inconnu
L’Afrique du Sud s’est fixé des
objectifs ambitieux dans son
propre pays. En quatre ans,
elle envisage de faire de dix
sportifs (six femmes et quatre
hommes) des athlètes de niveau
international tout en les formant
pour un emploi futur.
M.S.B.■
Cette année, la RowSAcademy
a accueilli le premier camp
d’identification de talents en
vue des Jeux de 2012. Visant à
identifier les athlètes talentueux à
entraîner pour les Jeux olympiques
de 2012, ce camp a réuni dix-huit
athlètes et entraîneurs provenant
d’Egypte, du Kenya, du Soudan,
de Zambie et du Zimbabwe.
«Nous espérons que ce camp
marquera le début d’un processus
de développement sur le long
terme pour les athlètes et pour les
entraîneurs, et que d’autres camps
Afin de poursuivre les efforts
fournis pour le développement de
la discipline, un programme de
soutien continu des entraîneurs a
été mis sur pied en faisant appel
aux entraîneurs sud-africains
expérimentés. Chacun de ces
entraîneurs est responsable d’un
pays.
« Ce recours à des entraîneurs
locaux est une initiative de la
FISA. Nous aimerions pouvoir
Rowers Kieron Wright (b) and Junior Sikhwivhilu (s) with coach Roger Barrow. / Les rameurs
Kieron Wright (b) et Junior Sikhwivhilu (s) avec leur entraîneur Roger Barrow.