Adrian, l’Australien
Silver medallists 2006 in the lightweight women’s double sculls, Australians Amber Halliday (r)
and Marguerite Houston (l) celebrate with the cadets. / Médaillées d’argent 2006 en deux de
couple poids léger, les Australiennes Amber Halliday (d) et Marguerite Houston (g) célèbrent
leur réussite en compagnie des cadets.
« L’aviron est un sport impartial. On ne dépend pas du jugement des autres. Le succès repose
uniquement sur sa propre performance», déclare Adrian David.
Adrian David, nominé pour la
récompense FISA «entraîneur
de l’année 2006», a permis à
36 équipages de remporter des
médailles à des Jeux Olympiques
et à des Championnats du monde :
18 d’entre eux ont récolté l’or
et neuf ont signé de nouveaux
meilleurs temps mondiaux.
Né en Roumanie, A. David
se sent comme chez lui en
Australie. Deux ans après avoir
obtenu un master à l’Institut
d’éducation physique et sportive
de Bucarest, il a commencé à
exercer sa fonction d’entraîneur
au Steaua Club de Roumanie en
1976. Dès 1980, David a conduit
avec succès la Roumanie en
compétitions internationales.
C’est en 1996, lors des Jeux
Olympiques d’Atlanta, qu’il a
atteint le sommet de sa fonction
en devenant l’entraîneur en chef
de l’équipe olympique roumaine.
En Roumanie, David a encadré
des légendes de l’aviron telles
que Elisabeta Lipa, Doina Ignat,
Constanta Burcica et Liliana
Gafencu. Avec ce quatuor, il
a remporté 15 médailles d’or
olympiques.
En mars 1997, ayant accepté
le poste d’entraîneur en chef
d’aviron à l’institut du sport
d’Australie-Méridionale, David
s’installe avec sa famille à
Adélaïde (Australie). Il lui a fallu
un peu de temps pour s’adapter
aux structures organisationnelles
moins rigides, aux centres
d’entraînement décentralisés et
à l’amateurisme qui règne dans
l’aviron australien. En revanche,
les objectifs à atteindre sur
l’eau lui ont tout de suite paru
familiers: succès international et
médailles.
Penseur indépendant et
professionnel averti, A. David
a affiné sa recette du succès. Sa
philosophie, qui prône l’harmonie
entre l’athlète et le bateau,
met l’accent sur l’efficacité, la
précision et la discipline.
« Il ne suffit pas de vouloir être
champion olympique pour le
devenir. Il faut aussi comprendre
tout le processus qui se cache
derrière ce but à atteindre. Ce
n’est pas suffisant de vouloir
être le rameur le plus rapide du
monde : c’est le résultat de tout un
processus », déclare A. David.
Lors des Championnats du
monde d’aviron 2006 à Dorney
Lake (Eton, Grande Bretagne),
le deux de couple féminin
poids léger et le deux de
couple féminin poids lourd, qui
concourraient pour l’Australie
sous la houlette d’Adrian David,
ont respectivement remporté l’or
et l’argent.
« Il met la barre très haut, mais
nous ne voudrions pas qu’il en
soit autrement », affirme Amber
Halliday, double championne
du monde et olympienne,
encadrée par Adrian David à
l’institut du sport d’Australie
Méridionale depuis fin 2000.
« Car finalement, c’est grâce à
lui que j’ai obtenu mes meilleurs
résultats et personne ne pourra
dire le contraire. »
Cela ne fut pas simple pour A.
David de communiquer à ses
athlètes son approche de l’aviron.
Mais il a, lui aussi, appris à faire
des concessions.
«Traiter avec des personnes
relève toujours du défi. Nous
voulons que nos athlètes
progressent, mais aussi qu’ils
aillent au-delà de leurs limites.
Ce n’est pas simple», admet
A. David. « J’ai dû apprendre
à m’adapter aux besoins des
sportifs, à être disponible en
fonction de leur emploi du
temps et à être capable de
travailler en tenant compte de
leurs engagements multiples. »
Afin de préparer ses équipages
aux derniers Championnats du
monde à Eton, A. David a choisi
de les faire participer à un camp
d’entraînement de cinq semaines
en Suisse plutôt que de les faire
concourir aux courses de Coupe
du monde à Munich et Poznan,
comme le recommandait le
programme d’aviron australien.
« Jepensequ’Adrianestdouépour
amener ses athlètes au pic de leur
forme au bon moment », atteste
Brooke Pratley, championne du
monde 2006 en deux de couple.
« Lors de la Coupe du monde
d’aviron à Lucerne, aucun des
bateaux (W2x, LW2x) n’a obtenu
de bons résultats, mais arrivée
aux Championnats du monde
d’aviron, j’étais en ébullition! »
« Il m’a appris à avoir confiance
en moi, sans exercer de pression.
Ce fut un grand avantage car
ce n’est pas rien de participer à
une finale A », témoigne Pratley,
dont la participation à des
Championnats du monde d’aviron
fut une grande première à Eton.
« Il m’a fait sentir que je n’avais
rien à prouver ; c’est exactement
ce dont j’avais besoin. »
Quant au futur, A. David a
déjà les yeux rivés sur les Jeux
Olympiques de Pékin et compte
bien récolter la médaille d’or
olympique qui lui manque en
neuf ans d’entraînement en
Australie. Il espère également
passer le plus de temps possible
avec sa femme Victoria ainsi que
ses enfants Daniela (23 ans) et
Adrian ( 19 ans).