«Les gouvernements manquaient de
fonds pour soutenir le sport et nombre
de clubs et d’écoles ont fermé leurs
portes. Les entraîneurs ont changé de
carrière» explique Grinko.
«Notre vision de l’avenir est la
même que celle de toutes les
autres fédérations : obtenir de bons
résultats aux régates, promouvoir
un sport sain et glorifier notre
pays à travers le sport.»
Lituanie
La Lituanie a fourni de nombreux
rameurs de haut niveau à l’équipe
soviétique nationale. Inga
Okuleviciene, secrétaire générale
de la Fédération lituanienne
d’aviron, décrit de quelle manière
les rameurs étaient sélectionnés :
«Nous devions remporter
nos propres championnats
nationaux lituaniens pour devenir
membre de l’équipe d’Union
soviétique. Ensuite, ils aimaient
généralement amalgamer les
Lituaniens et les Russes et
nommaient habituellement leur
propre entraîneur en chef. Mais ils
partageaient la gloire de la victoire
avec l’entraîneur précédent.»
«Le plus grand changement»
explique Jaan Tults, secrétaire 2004 Olympic bronze medallists in the quad with Ukrainians (l to r) Leonid Shaposhnykov,
général de l’association Oleg Lykov, Sergiy Biloushchenko and Sergiy Gryn. / Les Ukrainiens médaillés de bronze en
quatre de couple aux Jeux Olympiques 2004 avec (g à d) Leonid Shaposhnykov, Oleg Lykov,
L’Estonie
L’Estonien Jueri Jaanson est l’un
des quelques sportifs qui peuvent
se prévaloir de racines dans l’ère
soviétique, ayant pris son essor
au moment de la dissolution de
l’URSS et atteint sa maturité
d’athlète sous le nouveau régime
estonien.
© Getty Images/Sean Garnsworth
estonienne d’aviron, lorsqu’il Sergiy Biloushchenko et Sergiy Gryn.
décrit les différences après 1991,
«c’est qu’il est désormais possible
de concourir en tant qu’équipe
nationale estonienne.»
Aujourd’hui, les rameurs lituaniens sont sélectionnés dans les
clubs sur examen médical et
physiologique. Un groupe spécial
«L’autre différence, c’est que
la qualité et la quantité de
préparation a changé. Le volume
d’entraînement est plus faible qu’il
ne l’était à l’époque soviétique.
Nous avions l’habitude de nous
entraîner trois ou quatre fois par
jour ce qui représentait 28 à 30
heures par semaine. Aujourd’hui
le volume d’entraînement a
diminué mais la qualité s’est
améliorée.
Tults décrit l’aviron actuel en
Estonie comme un mélange
des meilleures idées du passé
et de celles du système des
clubs occidentaux. «Nous avons
toujours des écoles de sport et des
entraîneurs entièrement pris en
charge. A Pärnu, ville de 50’000
habitants, nous disposons de huit
entraîneurs à plein temps.»
L’aviron estonien remonte à la
création du premier club en 1875.
La population nationale peu
élevée (actuellement d’environ
1, 3 million) a fourni quelques
rameurs à l’équipe soviétique et
Jaanson, entre autres, a contribué
à l’augmentation du nombre de
médailles soviétiques au niveau
international.
Le nombre actuel de rameurs
estoniens est à peu près identique
à celui de l’époque soviétique
mais l’équilibre est différent.
Sur environ 600 rameurs, plus
ou moins 75 pour cent sont des
juniors.
Après 1991, l’aviron moldave a
souffert de la rupture du financement
central en provenance de Moscou.
Des conflits internes continuent
de nuire au sport. De nombreux
entraîneurs expérimentés ont
quitté la Moldavie à la recherche
d’emplois à l’étranger. Certains sont
restés, permettant à peine au sport
de survivre. Un poignée de rameurs
moldaves a commencé à apparaître
sur la scène internationale parmi
lesquels Evgenij Ignatov qui a
terminé huitième en skiff masculin
aux Championnats du monde des
moins de 23 ans de l’an dernier.
Tonia Iagovitina grimpe également
tous les échelons en skiff poids
léger.
Exactement comme du temps de
l’ère soviétique, l’Estonie voit
grand. «Notre objectif principal
est de remporter l’or aux Jeux
Olympiques de 2012 dans le huit
masculin,» déclare Tults.
2003 World Rowing junior champion in the
single, Alexander Kornilov from Russia. /
Le Russe Alexander Kornilov, champion du
monde junior 2003 en skiff.
financé par l’État et composé de
rameurs juniors est également
sélectionné sur examen médical
ainsi que sur la base de résultats
obtenus lors d’études de
développement physiologique
et d’évaluations des capacités
fonctionnelles.
Les sommes d’argent dépensées
en aviron du temps du système
soviétique, explique Tults, ne se
comparent pas avec le budget que
le pays consacre actuellement à
l’aviron. Tults se souvient qu’en
1979 il y avait environ quatre-vingts rameurs estoniens dans des
camps d’entraînement en eaux
vives sur une période continue
de quarante jours «ce qui
représenterait environ trois ans de
notre budget actuel,» dit-il.
La Moldavie
L’origine comme la disparition
de l’aviron dans la République
moldave peut être attribuée au
système soviétique.
L’aviron a débuté en 1960,
les rameurs de l’équipe russe
achevant leur entraînement dans
un camp de la ville moldave de
Dubossary remirent leurs bateaux
à la Moldavie. Sept ans plus tard,
le pays remporta sa première
médaille à la Spartakiade,
Jeux du bloc de l’Est. Depuis
lors, les rameurs moldaves ont
régulièrement fait partie de
l’équipe nationale soviétique.
L’avenir
Actuellement, les anciennes
républiques soviétiques prennent
lentement racine sur la scène
internationale. Après avoir grandi
et concouru dans le système
soviétique, l’Estonien Jueri
Jaanson continue de rester en
tête du sport de l’aviron dans son
pays. Ekaterina Karsten demeure
à l’avant-garde du succès du
Bélarus tandis que l’Ukraine se
place souvent avantageusement
aux épreuves des Championnats
du monde d’aviron. L’Arménie
et l’Ouzbékistan ont commencé
à faire des apparitions
internationales.
Okuleviciene déclare que l’aviron
actuel en Lituanie continue à tirer
les leçons du passé et s’efforce de
démontrer la beauté du sport aux
athlètes potentiels.
«Le soutien financier que l’État
accorde au sport est faible par
rapport au soutien accordé à la
culture,» déclare Tults.
Grinko devine que cela prendra
cinq ans ou plus, mais il ne fait
aucun doute à son avis que le
développement de l’aviron dans
ces pays se poursuivra. M.S.B.■