Si vous demandez à un Italien ce qu’est l’aviron il vous
répondra très probablement en un seul mot: Abbagnale!
Le clan des Abbagnale personnifie
l’aviron au niveau national et
international depuis près de
bien trempés» du sceau de leur
personnalité comme jamais
personne ne l’avait fait auparavant
ni ne l’a fait depuis.
fidèlement barrés par Giuseppe Di
Capua, le barreur le plus médaillé
de l’histoire de l’aviron qui peut
se prévaloir de dix médailles d’or,
trois d’argent et une de bronze
obtenues dans la catégorie du
deux de pointe avec barreur et
dans le huit masculin poids léger
sur une période de dix ans aux
Championnats du monde d’aviron
et aux régates des Jeux Olympiques.
Il est assez intéressant de constater
que Di Capua figure en troisième
position au Tableau des médailles
des meilleurs rameurs de tous les
temps, après Sir Steve Redgrave
et Matthew Pinsent mais avant les
frères Abbagnale.
l’aviron à la vice-présidence de la
Fédération italienne d’aviron et,
pour un temps, Carmine a entraîné
l’équipe masculine junior. Leur
exemple a manifestement joué un
rôle non négligeable dans le succès
du benjamin des Abbagnale,
Agostino.
Gianni Postiglione qui, en qualité
d’entraîneur de l’équipe italienne,
a pu observer mieux que quiconque
cet équipage historique du deux de
pointe barré, se rappelle comment
Giuseppe pouvait littéralement
exploser dans le feu de l’action sur
l’eau, sous l’effet de la pression.
«Giuseppe était tel un lion,
très agressif, dur et puissant.»
Pourtant, on l’appelait le «Gentil
géant». «Si Giuseppe représentait
le lion dans le bateau, alors «Les performances
Carmine personnifiait la panthère.
Il était toujours à l’affût sans pour étonnantes des deux
autant que l’on puisse vraiment
soupçonner sa présence» ajoute frères ont contribué
Gianni. Leur style était toujours
de mener dès le signal de départ. à l’épanouissement
© Getty Images-Bongarts/Alexander Hassenstein
La course la plus mémorable de de l’aviron en Italie»
ce deux de pointe barré demeure
probablement celle des Jeux
© Getty Images-Bongarts/Martin Rose
Olympiques de 1988 à Séoul, Les performances étonnantes
lorsqu’il affronta en finale les des deux frères ont eu un impact
Britanniques Steve Redgrave considérable sur l’équipe
et Andy Holmes. Gianni s’en italienne et ont contribué à
souvient bien: «C’était la meilleure l’épanouissement de l’aviron en
performance de Giuseppe. Le Italie. Il est donc peu surprenant
bateau se déplaçait parfaitement. que les deux frères aient reçu la
Les Italiens ont remporté l’or en Médaille Thomas Keller en 1997.
menant le peloton jusqu’à la ligne Giuseppe a continué de servir
d’arrivée. L’équipage Britannique
a fini en troisième position. La
dernière médaille que les frères
devaient gagner ensemble dans
le même équipage serait une
troisième médaille olympique:
une médaille d’argent aux Jeux
Un deux de pointe serait toutefois
incomplet sans barreur. Au
cours de leur carrière de rameur, 2000 Olympic Champions (l to r) / Champions olympiques en 2000 (g à d): Alessio Sartori,
Olympiques de 1992 à Barcelone.
Carmine dura un peu plus
longtemps que son frère aîné dans
le sport, participant une nouvelle
fois à des Jeux Olympiques à
Atlanta en 1996. Cette longévité lui
valut une médaille supplémentaire
– une médaille d’argent aux
Championnats du monde d’aviron
en 1994, ce qui le place en 5e
position (un échelon plus haut
que Giuseppe) au Tableau des
médailles des meilleurs rameurs
de tous les temps (en 2005).
vingt ans. Trois frères, Giuseppe,
Carmine et Agostino, avec sept
ans de différence entre l’aîné et le
benjamin, ont amassé un total de
34 médailles aux Championnats
du monde d’aviron et aux Jeux
Olympiques, dont 23 en or. Ayant
grandi dans une ferme près de
Pompéi à l’ombre du Vésuve,
les frères Abbagnale y prirent
l’habitude des travaux physiques
pénibles. Mais la famille n’ayant
aucun lien avec les sports
aquatiques, l’aviron ne fut pas
un choix immédiat. Pourtant, peu
après s’être lancé dans ce sport, il
devint vite évident que Giuseppe,
le plus âgé des trois, savait faire
avancer avec vélocité un deux
de pointe barré. Le frère cadet,
Carmine, s’est lui aussi mis à
l’aviron et, en 1981, dès qu’il eut
terminé ses courses en catégorie
junior, l’entraîneur La Mura les
plaça en duo dans le deux de
pointe barré.
Contrairement à l’aviron de pointe
qui a fait le succès de ses frères,
les meilleures performances
d’Agostino sont en aviron de
couple, catégorie dans laquelle
il a remporté trois médailles d’or
aux Jeux Olympiques dans le
quatre de couple masculin (Séoul
1988 et Sydney 2000) et dans le
deux de couple (Atlanta 1996)
ainsi que deux médailles d’or
aux Championnats du monde
dans le quatre de couple (1997 et
1998). Sa lutte récurrente contre
des thrombophlébites, qui l’ont
tenu éloigné de l’aviron durant
cinq ans, après son premier titre
olympique, rend ses performances
d’autant plus remarquables. Ce
problème de santé l’a obligé à se
retirer dans la période précédant
les jeux d’Athènes en 2004.
Agostino figure parmi les finalistes
pour la Médaille Thomas Keller
2006 avec James Cracknell, Jueri
Jaanson, Elisabeta Lipa et Katrin
Rutschow-Stomporowski. ■
Article inspiré des biographies Keller Medal
rédigées par Martin Cross.
Cette même année à Munich, ce
nouvel équipage fraternel arracha
la victoire aux Championnats du
monde d’aviron et durant les treize
années suivantes les deux frères
récoltèrent médaille sur médaille
dans leur catégorie de prédilection
- le deux de pointe barré - frappant
ainsi cette «épreuve pour hommes