D’athlète à
entraîneur:
Tony
O’Connor
© Craig Prentis/ALLSPOR T/Getty Images
Tony O’Connor (r) celebrates gold with crewmate in the lightweight pair Gearoid Towey at the 2001 World Rowing Championships in Lucerne
(SUI). / Tony O’Connor (d) célèbre l’or avec son coéquipier en deux de pointe poids léger Gearoid Towey lors des Championnats du monde
d’aviron 2001 à Lucerne (SUI).
Médaille d’or olympique,
Marnie McBean a choisi de
ne pas devenir entraîneur.
Elle se disait qu’elle serait
obligée de consacrer plus de
temps au sport que lorsqu’elle
était athlète. Pour sa part,
l’Irlandais Tony O’Connor
n’a pas vraiment eu le temps
de se poser la question.
Olympien à deux reprises,
O’Connor, un mois après s’être
retiré de la compétition, était de
retour sur l’eau comme entraîneur
pour l’Irlande, aidant les athlètes
avec lesquels il s’entraînait sur
l’eau tout récemment encore. De
nouveau, O’Connor faisait partie
du cycle olympique, s’activant
en vue des Jeux, mais cette fois
avec Athènes comme objectif de
référence.
Deux ans après avoir pris ses
fonctions au sein de l’équipe
irlandaise, O’Connor est devenu
l’un des nombreux entraîneurs
à accepter un poste à l’étranger.
Mais, à la différence de nombreux
autres, il a fait un déplacement
que certains qualifieraient de « pas
en arrière » en termes de carrière
d’entraîneur. En effet, O’Connor a
quitté l’Irlande pour la petite ville
néo-zélandaise de Christchurch où
il entraîne un petit collège privé
de 650 étudiants. L’école, Christ’s
College, dispose d’une équipe de
80 rameurs qui, pour un grand
nombre, considèrent que c’est une
activité qui leur permet de rester
en forme en attendant de reprendre
leur sport d’hiver, le rugby.
O’Connor décrit son style
d’entraînement comme un
mélange de ses propres expériences. «C’est un amalgame de
tous les entraîneurs qui m’ont
entraîné: Thor [Nilsen] m’a
beaucoup influencé notamment
sur la manière d’agir dans la
vie. Je me surprends à dire des
choses que Thor m’aurait dites.
À ces jeunes, j’enseigne la
coordination, des trucs que j’ai
moi-même pris l’habitude de
faire avec Thor.»
Les élèves de O’Connor en savent
peu sur les exploits de celui-ci. Il
détient toujours le meilleur temps
mondial en deux de pointe poids
léger masculin qu’il a établi à Paris
en 1994. Il a également participé
deux fois aux Jeux olympiques
dans le quatre de pointe poids
léger masculin et est champion
du monde 2001 du deux de pointe
poids léger masculin.
«Les jeunes vous
« Je cherche à ce que ces garçons
se rendent compte que le bateau
n’est pas un objet inanimé mais
qu’ils en font partie. Je tente de les
mettre en sympathie avec lui, et à
certains moments d’être aimables
avec le bateau. Mais c’est dur de
développer la sensibilité de jeunes
adolescents. »
croient et vous
constatez les progrès
beaucoup plus vite. »
O’Connor explique la raison pour
laquelle il est venu ici:«J’ai
toujours aimé l’entraînement
scolaire. Je trouve cela plus
vrai que le niveau international.
Les jeunes vous croient et vous
constatez les progrès beaucoup
plus vite. »
Le recrutement de O’Connor a
déjà valu quelques récompenses à
Christ’s College. Le huit de l’école
a récemment remporté la course
la plus prestigieuse de Nouvelle-Zélande en aviron scolaire, la
Coupe Maadi.
S’exprimant à l’occasion des
Championnats nationaux des
collèges, O’Connor est un peu
nerveux pour son équipe. «J’ai
trouvé cela aussi excitant qu’une
finale olympique. Je ne pouvais
pas regarder. »
Utilisant l’expression «domes-tiquer l’agression» O’Connor
monte de temps en temps dans le
bateau avec l’équipage. «Je veux
leur montrer jusqu’à quel point ils
peuvent se permettre d’être doux
avec lui. »
La carrière de rameur d’O’Connor
s’est achevée en 2002 alors qu’il
souffrait d’un syndrome de
fatigue chronique. «À Séville,
[aux Championnats du monde
d’aviron 2002] j’étais malade et
je n’y étais vraiment pas.» La
fatigue a duré près d’un an.
«Ramer, c’est avant tout limiter
les dégâts. Le bateau veut courir
et vous devez le laisser faire,»
explique O’Connor.
Pour choisir ses futurs rameurs,
O’Connor est à l’affût de
l’étincelle sans trop se concentrer
sur les attributs physiques. «Je
recherche ceux qui sont comme
moi», précise l’ancien champion
du monde poids léger.
«La compétition ne me manque
absolument pas» déclare-t-il. «Je trouve difficile de
m’enthousiasmer pour l’exercice.
J’en fais parce que je sais que
c’est bon pour moi et pour
pouvoir rentrer dans mes jeans »